Shop Forum More Submit  Join Login

Mature Content

This content is intended for mature audiences.


or, enter your birth date.*


Month

Day

Year*
Please enter a valid date format (mm-dd-yyyy)
Please confirm you have reviewed DeviantArt's Terms of Service below.
* We do not retain your date-of-birth information.


Fanfiction écrite par irina orange
www.agrume.org/reve/

Rating / Classement [+18]

Publié pour la première fois le 11 décembre 2012 sur FFFR

Chapitre 57



Utopie




Crédits : L’univers de The Vision Of Escaflowne est la propriété de Shoji Kawamori et du studio Sunrise, je ne fais que l'emprunter pour cette histoire.
Exception faite pour quelques personnages et lieux que j’ai créés pour l’occasion.

OoOoOoOoOoOoOoOoOoOoOoO


Non seulement, l’endroit était étonnant, mais en plus, il faisait bon, un climat étonnant à l’approche de l’hiver... A moins d’être encore bien plus loin de Freid qu’elle ne le croyait…
L’hémisphère sud de Gaea était peu connu… Il était possible qu’elle ait atterri là et c’était peut-être logique de ne pas y voir la Lune des Illusions…

Toute cette réflexion lui provoquait surtout un intense mal de crâne. Ayant toujours quelques difficultés à retrouver ses esprits, Yiris parvint néanmoins à s’asseoir.

Et là, surprise : la petite esplanade où elle se trouvait était entourée de curieux, tous vêtus de blanc, dans un style aussi antique les bâtiments.

Tendant ses mains en arrière, elle secoua ses compagnons de voyage :

— Folken, Hylden, réveillez-vous, on a de la visite ! Murmura-t-elle, quelque peu stressée.

A leur tour, les deux hommes émergèrent progressivement de leur torpeur. Eux-aussi furent totalement stupéfaits de découvrir là où ils avaient été envoyés.
Tandis que le trio se relevait tout en restant silencieux face aux nombreuses paires d’yeux braquées sur eux, un vieil homme, portant une toge immaculée et une longue barbe grisonnante, s’avança.

— Bonjour à vous, honorables visiteurs, je suis Sophocle, le grand ancien ! Chef de l’Utopie !

Le mot « utopie » laissa les nouveaux arrivants perplexes. Cependant, à observer davantage les lieux, l’endroit leur apparut purement et simplement parfait.
Une atmosphère de calme et paix, comme ils n’en avaient jamais connu auparavant prenait possession d’eux.

— Allons, ne vous en faites pas, reprit Sophocle, vous êtes les bienvenus en ce lieu ! Je présume que vous avez besoin de vous rafraîchir et de vous désaltérez, je vous en prie, venez avec moi ! Mais, avant tout, puis-je savoir à qui ai-je l’honneur ?

Se regardant les uns les autres, Folken, Hylden et Yiris dirent chacun juste leur prénom avant de suivre le vieil homme.

Leur chemin, qui attira moult curieux aux abords, les conduisit à travers la cité. Le dénommé Sophocle prit le temps de leur présenter les installations très modernes de sa ville.
Ils découvrirent un étonnant réseau gérant l’eau pure venue d’une source jaillissante et ramenant les eaux souillées vers une citerne dont elles ressortaient purifiées avant d’atterrir dans un bassin animé d’un tourbillon les aspirant sans doute à l’extérieur.

Il expliqua aussi que la nuit, c’était des plantes emmagasinant la lumière du jour, qui la restituait et éclairait ainsi les lieux.
Le reste de l’énergie, celle qui chauffait l’eau et la nourriture, provenait de surprenantes machines qui elles-aussi utilisaient l’énergie du soleil.

En tant qu’ingénieur, Folken était vraiment ébahi par la modernité de la cité. Il avait des milliers de questions à poser.

Cependant, avant qu’il en ait l’occasion, le groupe parvint à ce que l’on pouvait qualifier de palais, situé sur une sorte de monticule qui dominait une bonne partie de la cité.
L’endroit était grandiose, l’architecture magnifique, mais néanmoins épurée. Là encore, même à l’intérieur, la végétation se mêlait avec harmonie à la pierre blanche et l’ensemble était incroyablement lumineux.

Parcourant les lieux, le Roi de Fanelia éprouva une étrange sensation de déjà vu. L’aspect de l’endroit, son relief, ses bâtiments, tout rappelait ce qu’on lui avait raconté au sujet de la cité d’Atlantis et de la Vallée des Illusions… Etrange coïncidence…
Ainsi, malgré l’accueil chaleureux réservé, une subtile angoisse s’empara progressivement de Folken. Et ce sentiment d’insécurité contrastait avec une autre impression bien plus inattendue, celle de se sentir chez lui.

OoO

Après de vaines recherches à travers les forêts environnantes, les dernières troupes de Fanelia, assistées de nombreux soldats de Freid durent se rendre à l’évidence : Folken, Hylden et Yiris avaient bel et bien disparu.

Pour sa part, Exclior et sa troupe de fausses-personnes, toujours sur place, ne semblaient pas plus étonnés que cela de la tournure prise par les événements.
Après avoir observé encore un certain temps les mouvements des humains et leur amusante façon de paniquer, le sorcier s’adressa aux siens :

— Allons, la Déesse n’est plus là de toute évidence !

Assistés de ses collègues et protégés par d’autres fausses-personnes, il s’adonna à d’étranges rituels dans le but d’aboutir à un état de transe.
Pendant un long moment, il tourna sur lui-même tandis que ses collègues murmuraient des incantations.

Au terme de l’étrange cérémonie, Exclior finit par s’écrouler au sol, son bras pointait une direction.

— A nous de trouver le lieu de la libération promise ! Dit-il en se relevant péniblement.

Sans le moindre adieu à ceux avec lesquels ils avaient combattu, les fausses-personnes disparurent dans le brouillard de la vallée de Freid, s’en allant dans le sens indiqué.

OoO

Dans l’Utopie, sans avoir vraiment eut le temps de comprendre ou de répliquer quoique ce soit, Yiris avait été séparée des deux hommes.
Ceux-ci s’étaient vus offrir l’occasion de se rafraîchir ce qui ne leur déplut pas.

On les conduisit dans une gigantesque salle d’eau dotée d’un superbe bassin de marbre dont l’eau n’était ni trop chaude, ni trop froide. Ils savourèrent un peu de répit, apaisés par le calme de leurs hôtes qui ne parlaient que le minimum.

Un bon bain, des vêtements propres et un petit encas étaient toujours des choses appréciables et l’ambiance paisible ne faisait qu’y contribuer.

Les tenues qu’on leur offrit étaient blanches. Chacun se trouva vêtu d’un large pantalon. Pour sa part, Folken reçut une chemise à l’encolure brodée d’une corde et Hylden une veste croisée dans laquelle il n’engagea pas un bras afin de ne pas solliciter son épaule douloureuse.

Puis, ils traversèrent une superbe cour intérieure, entourée de colonnes aux chapiteaux magnifiquement décorés, où trônaient une magnifique fontaine et des massifs floraux colorés.
Ainsi, ils parvinrent à une autre pièce grandiose où on les invita à s’installer sur une banquette en rond qui entourait une table de la même forme recouverte de victuailles.

Plus le temps passait, plus, ils se détendaient. Ils en somnolaient presque, n’engageant pas la moindre la conversation, alors que les circonstances s’y prêtaient plus que jamais.
Par moment, leurs regards se croisaient, mais l’un comme l’autre détournaient immédiatement la tête.

Intrigué, Folken observait les personnes présentes. A de multiples reprises, il lui sembla voir plusieurs individus arborant les signes distinctifs des descendants du peuple Draconian.
Plus il découvrait l’endroit, plus il lui semblait fascinant.

De son côté, Hylden hésita quelques instants avant savourer les rafraîchissements et collations offerts, mais la fatigue induite par la fin eut raison de sa méfiance.
Et après tout, s’il avait dû être piégé, cela aurait été fait depuis longtemps…

Les plats et boissons s’apparentaient à de purs délices, même les fruits avaient un goût qui approchait la perfection, surprenant.
Alors que chacun s’interrogeait sur le sens de tout cela, Sophocle refit son apparition.

— J’espère que vous êtes satisfaits de l’accueil !
— Tout va pour le mieux, merci ! Répondit Folken, toujours dubitatif.
— On m’a fait savoir que vous vous inquiétez pour votre amie Yiris, sachez qu’elle ne devrait plus tarder. En attendant…
— En attendant ? S’inquiéta Hylden.
— Je vois que tous deux avez souffert. Si vous permettez, j’aimerais vous soulager de vos maux.

Le vieil homme se fit apporter un coffret de bois blanc sculpté par un ébéniste qui devait posséder un immense talent au vu de la beauté des décorations.
Délicatement, il en sortit une étrange étoffe, un voile qui semblait d’une incroyable finesse et présentait de superbes éclats.

— Nous l’appelons « La voûte étoilée », c’est notre trésor. Vous allez voir, vous ne serez pas déçus !

Dans un premier temps, Sophocle invita Hylden à le laisser envelopper son épaule du mystérieux tissu. Ensuite, le vieillard prononça quelques paroles dans un étrange langage.
Alors, le général sentit une douce chaleur envahir son articulation douloureuse. La sensation dura quelques minutes, puis l’ancêtre retira l’étoffe et invita le jeune homme à mouvoir son bras.

Hésitant, l’intéressé s’exécuta. Et, à son grand étonnement, il n’éprouvait plus aucune gène à l’épaule.
Il pouvait la bouger sans ressentir la moindre gêne. Incroyable !

L’aspect impossible de la situation lui rappelait le rétablissement étonnement rapide de Yiris. Décidemment, Gaea abritait encore plus de choses défiant sa science de médecin qu’il ne le croyait.
Cependant s’il connaissait l’existence de la magie de régénération des fausses-personnes avant même d’y avoir fait face, là, il découvrait totalement un pouvoir surprenant.

Folken aussi était perplexe. Le terme d’« utopie » se justifiait de plus en plus… Et quand ce fut à son tour de se voir soigner par cette mystérieuse méthode, il fut tout aussi ébahi que le général.
Quoiqu’il en soit, au terme de l’enveloppement, sa fracture du bras était désormais totalement fermée et indolore.

Après ce double miracle, les deux hommes étaient à nouveau désorientés. Ce monde défiait tout ce qu’ils connaissaient et dépassait même ce qu’ils avaient jamais pu imaginer.
Ils croyaient être au bout de leur surprise, quand soudain, ils distinguèrent une silhouette qui arrivait depuis le couloir.

Il s’agissait de Yiris. Elle était élégamment habillée d’une magnifique robe blanche. Celle-ci était composée d’un tissu presque transparent semblant comme s’enrouler autour d’elle en dessous duquel on pouvait entrevoir la présence d’une partie corsetée mettant en valeur sa poitrine généreuse.
A ses pieds, de sandales fermées par de jolis rubans qui enserraient les chevilles.

Son allure rappelait celle qu’elle avait le jour de couronnement, mêlée à une belle image de déesse antique.

Un peu hésitante, elle s’approcha de Folken et d’Hylden et prit place sur la confortable banquette recouverte de coussins, prenant soin de se mettre à l’écart de chacun d’eux.
Doué à l’évidence d’un certain instinct, Sophocle se tourna vers la jeune femme.

— Oh, je vous prie d’excusez mon manque de délicatesse, gente Dame, j’ai soigné vos compagnons de voyages, je me rends compte que j’ai manqué de galanterie en ne commençant pas par vous…
— Mais, je ne suis pas blessée… Répondit l’intéressée qui se demandait ce qui l’attendait.
— Allons, allons ! Nos coutumes sont claires sur ce point, nous ne pouvons nous permettre de laisser un nouvel arrivant dans un état de souffrance.

La jeune femme s’apprêtait à protester à nouveau, cependant, se tournant vers Folken, puis vers Hylden, elle se rendit compte que leurs blessures étaient guéries.
Stupéfaite, elle se calma.

Alors, l’ancêtre fit apporter un grand miroir au contour d’or finement ouvragé. Tendant la main à Yiris, il l’invita à se relever et à se mettre devant la glace.
Se plaçant par dessus son épaule, il lui murmura à l’oreille :

— Osez dire que vous n’êtes pas blessée…

L’ancienne général avait une sainte horreur de s’attarder sur son apparence, mais là, elle avait l’étrange impression d’être touchée en plein cœur.
A cet instant, plus que jamais auparavant, elle réalisa à quel point elle était défigurée.

A l’image du miroir se superposait celle d’elle adolescente, quand le matin, elle vérifiait sa tenue et fignolait sa coiffure.
Elle se souvenait qu’à l’époque, on la trouvait mignonne. On disait qu’elle allait devenir un beau brin de fille, que son seul défaut n’était vraiment que son caractère rebelle.

Tandis que le dépit et le dégoût s’emparaient d’elle-même, Sophocle la recouvrit entièrement de sa toile magique.
Comme paralysée, elle se laissa faire. Folken et Hylden furent surpris. Quel résultat le vieil homme escomptait-il ?

Pour sa part, Yiris ressentit une première impression d’étouffement, puis, progressivement, une grande sérénité l’envahit.
Elle avait l’impression que des plumes la caressaient, à moins que ce ne soit des papillons qui se posent sur sa peau. C’était doux et agréable.

Lorsque que l’étoffe fut retirée, elle ouvrit des yeux fascinés sur son reflet. Avançant d’un pas vers le miroir, elle n’en croyait pas ses yeux.

Non, elle devait rêver… Cela ne pouvait être que ça !

Hésitante, elle porta une main à son visage, plus précisément sur l’endroit où était supposé se trouver l’immense cicatrice qui le barrait. Si c’était une illusion, elle était parfaite.
Rien de visible et, au toucher, elle ne percevait même plus le relief.

Soulevant sa robe jusqu’aux genoux, elle se rendit compte que, de toute évidence, sous l’effet de cette incroyable magie, toutes les autres marques avaient disparu de son corps.
Et encore, à bien y regarder, cela dépassait ses rêves les plus fous, son œil droit avait retrouvé sa couleur d’origine. Plus incroyable, sa chevelure avait gagné plusieurs centimètres, redevenant comme avant la bataille dans les marais brumeux.

Elle éprouva un étrange sentiment : pour la première fois de sa vie, elle se trouvait belle, vraiment…

Restant encore un instant incrédule, comme une enfant, elle se surprit à tournoyer sur elle-même dans un sincère éclat de rire.

Après quelques secondes de joie digne d’une petite fille heureuse, elle cessa de virevolter et se tourna vers Folken et Hylden. Tous deux affichèrent un regard stupéfait.
Yiris était magnifique. Ils étaient subjugués, tandis qu’elle, passé un premier sentiment de désorientation légitime, semblait apprécier la façon dont ils la détaillaient.

Alors, ainsi, était-ce à ce point délectable de se sentir désirable ?

En toute logique, elle aurait dû déborder de questions à l’attention de Sophocle, mais au lieu de cela, elle était totalement obsédée par son apparence.

D’un pas assuré, en totale opposition avec la façon un peu intimidée dont elle était entrée dans la salle, elle se rapprocha de la banquette.
Sa façon d’avancer dégageait une sensualité rare et cela lui apparaissait étonnement spontané de se déhancher ainsi.

Et, quand elle s’assit, ce fut avec la même gestuelle étudiée, en prenant soin de réajuster sa robe.
Cependant, les regards qu’elle lança à Folken et Hylden furent brefs. Aussi déstabilisante soit-elle, sa nouvelle apparence lui apparaissait plus gérable que ses relations avec ces deux hommes.

Après un silence qui apparut interminable, Sophocle prit la parole.

— Si vous me demandez quel est le mystérieux pouvoir que possède cette étoffe, d’où elle le tire et qui l’a créée, je serais bien dans l’incapacité de vous répondre… La mémoire des hommes a fini par l’oublier. L’important est qu’elle existe !
— Et elle peut soigner absolument tous les maux ? Hasarda Hylden.
— A vrai dire, encore, je serai bien incapable de vous répondre. Nous avons pour usage de l’employer pour soulager nos nouveaux arrivants, c’est notre façon de souhaiter la bienvenue ! Aussi, elle n’a jamais été employée sur des cas trop compliqués.
— Soit, mais si l’un d’entre vous est…

Etrangement, des vertiges commencèrent à s’emparer du général, il fut incapable d’achever de poser sa question. Ce malaise ne passa pas inaperçu aux yeux de Folken, tandis que Yiris était encore perdue dans ses pensées.
Une légère crainte s’empara brièvement du Roi avant de s’évaporer aussi vite qu’elle était apparue. Alors, il décida de reprendre la conversation, s’adressant à Sophocle.

— Et où sommes nous précisément ?
— Et bien, répondit l’ancêtre, nous sommes sous un dôme. Vous avez sans doute remarqué le climat étonnant qui règne en ce lieu. En fait, les individus de cette terre hostile s’était fédéré il y a bien longtemps avaient développés leur propre technologie pour survivre en totale autarcie. Au hasard de leurs voyages, d’autres individus sont venus se rajouter et tous, nous cohabitons en  paix.
— Oui, mais, ce dôme se trouve où ?
— Je vous l’ai dit ! A l’abri des tracas humains... D’ailleurs, c’est pour cela que les descendants du peuple Draconian comme vous, moi et bien d’autres citoyens de cette ville peuvent vivre sereinement.
— Alors, je ne m’étais pas trompé…
— Non en effet ! Bienvenue chez vous, jeune homme ! Quand nous accueillons des voyageurs du hasard, ce ne sont jamais des gens de mon espèce, vous voir ici me fait d’autant plus plaisir !

Folken apparut profondément ému. C’était donc ici que ces ancêtres avaient trouvé refuge et cet endroit était simplement merveilleux.
Il commença alors à poser des questions complexes sur toutes les technologies du lieu. Reprenant ses esprits, Hylden se mêla à la conversation.

Pour sa part, Yiris sortait de son nuage cotonneux. A écouter ce qui se disait, elle avait l’impression que le vieillard éludait savamment les questions embarrassantes.
De plus, un point lui semblait perturbant.

— Excusez-moi, fit-elle en interrompant net la discussion, vous nous offrez un accueil chaleureux, et même, je devrais plutôt dire « royal » et… vous ne nous savez même pas qui nous sommes vraiment et d’où nous venons !

Contrairement à ce qu’elle eut espéré, ni Sophocle, ni aucun des présents ne parut ébranlé le moins du monde.

— En effet, mais nous avons l’habitude que les étrangers soient d’abord un peu trop sous le choc. Donc d’abord, nous leur offrons l’occasion de reprendre leurs esprits… Nous connaissons vos prénoms, cela suffit largement. Et pour le reste, de toute façon, votre contrée d’origine, ce que vous y faisiez, qu’est-ce qui vous a conduit ici… Tout cela n’a aucune importance !
— Et si nous voulons rentrer chez nous ? Interrogea la jeune femme avec le ton sec et le regard glaçant dont elle avait le secret.

L’espace d’un instant, elle crut déceler une infime contrariété dans l’expression du vieil homme, mais celui-ci reprit aussitôt sa sereine assurance et fixa ses superbes yeux couleurs d’energist dans les siens.

— Le souhaitez-vous vraiment ? Sachant que notre magie ne franchit pas les limites de ce lieu ?

Cette révélation la coupa net dans son élan. Et elle, qui avait le pouvoir de manipuler les esprits, sentit que sa volonté s’envolait soudain…

Et elle ne faisait rien pour la retenir. Ce sentiment d’abandon était au contraire le plus délicieux, le plus délectable qu’elle n’ait jamais connu…

OoO

Au sein d’un couloir, qui, comme la mystérieuse pièce où ils conversaient d’ordinaire, était éclairé par ces murs au semblant d’aquariums roses, l’homme à lunettes et son confrère débattaient à nouveau.
Les récents évènements avaient, de toute évidence, ébranlé leurs plans.

— A cause de la trahison de cet imbécile d’Aleph, nous avons frôlé de peu la catastrophe ! Sa longue agonie nous a permis d’anticiper, ce fut de justesse ! S’indigna le premier. Maintenant, nous sommes dans une situation plus que délicate !
— Oui, mais comme tu as dit : la catastrophe a été évitée. Le système de dérivation a fonctionné. Maintenant, les nouvelles entités sont en voie d’absorption, il va juste falloir être patient !
— Je n’arrive pas à comprendre ton calme ! Nous avons quand même notre pire ennemi potentiel au sein même de notre création !
— Je ne suis pas idiot, tu le sais bien ! Si à la base, nous avons utilisé des descendants du peuple Draconian dès la mise en place du système primitif, c’est que j’avais envisagé cette éventualité !

Ils parvinrent à une grande salle arborant toujours les mêmes cloisons, mais là, il y avait d’autres personnes, les yeux rivés à des écrans.
Tous avaient les cheveux dans les tons de vert et les yeux couleur d’energist et semblait travailler comme des machines.

Restant dans la pénombre, L’individu aux lunettes nettoya ses verres. Comme toujours, anxieux de nature, il pêchait par manque de confiance en son allié.
Or, il fallait le reconnaître, ce dernier avait su gérer intelligemment toutes les crises jusqu’à présent.

Alors, qu’il allait se résigner au calme et à la patience, il remarqua tout de même que son interlocuteur tripotait sa barbichette pointue avec une certaine nervosité.

— Il y a tout de même un souci, n’est-ce pas ?
— A vrai dire, oui… L’hybride de fausse-personne me pose problème. Nous n’avons jamais fait véritablement d’expérience avec ce peuple au sein du système, il ne semblait pas présenter d’intérêt. Ces individus sont juste des créatures errantes qui ne se sont jamais fédérées jusqu’à présent.
— Ce qui n’est plus le cas maintenant…
— Oui, même si leur effectif ne me semble pas menaçant… Cela dit, nos interactions avec Aleph avaient lieu dans la machinerie, jamais dans l’Utopie même. Actuellement, l’intégration au système de cette Yiris semble bien se passer, elle est quand même humaine de base. Cependant, les premiers tests montrent quand même quelques instabilités.
— Et comment comptes-tu gérer cela ? Le moins que l’on puisse dire est que cette « femme » est un individu des plus complexes.
— L’hypothèse la plus simple aurait consisté à la supprimer à son arrivée, avant même le début de l’intégration. Cependant, nos observations de l’extérieur et les premières données concernant Folken et même cet autre individu, Hylden, montre qu’elle fait partie de ceux que l’on peut appeler les « paramètres affectifs » de prime importance.
— Je commence à comprendre ton idée… Cependant, cela va prendre du temps… Quoiqu’il arrive, pour manipuler ces derniers, il faudra des mois d’intégration au système !
— Ne me prends pas pour un imbécile ! J’ai conscience de tout cela. Alors, en attendant, je me suis arrangé pour neutraliser cette femme, notamment en jouant sur son affectif. Cela devrait nous donner le temps de gérer ses données…

Décidément, l’homme aux lunettes n’arrivait ni à se sentir tranquille, ni à voir le positif de la situation. Histoire d’apaiser son esprit en proie à un certain stress, il se resservit un verre avant de reprendre la conversation en soupirant.

— Souhaitons qu’une fois de plus, tu nous sortes de ce mauvais pas… L’évasion du Dragon n’était pas non plus un événement prévu…  Certes, notre parfait cloisonnement des informations évitera toute fuite de sa part. Quand à Constantin et Dilandau, ils devenaient incontrôlables, donc le fait que leur folie les ait tué nous arrange au final…
— Je suis tout de même déçu de ne pas avoir pu achever l’étude l’expérience de reformation humaine. Dilandau a toujours été instable, mais prometteur…
— Personnellement, je n’ai jamais été convaincu… Enfin, oublions son cas, la mort l’a résolu… Maintenant, il faut nous concentrer sur nos ennuis du moment : ce qui concerne les fausses-personnes commencent à devenir un vrai problème qu’il va nous falloir gérer, sous peine de voir nos commanditaires devenir moins conciliants, surtout que le problème de persistance des entités post-mortem n’est toujours pas résolu et que nous n’avons aucun progrès significatifs à leur présenter pour les apaiser…

Le barbu fit les cents pas dans la salle, sa forme circulaire était propice à ce genre de façon de réfléchir. Pour la première fois, il laissait transparaître un manque d’assurance, mais se voulait cependant serein.

— Laissons la phase d’absorption suivre son cours. Pour la suite, je suis certain que mon idée va fonctionner : nous allons retourner le dernier imprévu à notre avantage !
J'avais dit que je publierai chapitre cet été, ben, je le fais Meow :3  J'ai récemment annoncé que ce serait pour le 4 août, la date d'anniversaire de notre Yiris, et voilà I am a dummy!
Quelques réponses après le cliffhanger précédent, mais beaucoup de questions posées, oui, je suis sans pitié ;) (Wink)

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

:happybounce: Tome 1 disponible à la vente en avril 2018 :happybounce:

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~



Chapitre 56 => Leur dernier reve - Chapitre 56
(attention, il est en "mature content")

Chapitres 58 à 65 => Disponible avec le tome 5 de la fic, parution fin 2018 normalement !
PDF Livre 5 non illustré disponible pour 3 euros => me contacter
(attention, ils sont en "mature content")

Ah oui, le début, c'est par ici => Leur dernier reve - Chapitre 1


Un petit problème d'orientation dans ce vaste monde =>


Carte de Gaea (version Leur dernier reve) by irina-orange
Add a Comment:
 
:iconamarna:
Amarna Featured By Owner Sep 7, 2017  Hobbyist Digital Artist
Desolé d'avoir mit tant de temps a lire :)

C'est tres intrigant ce chapitre
On les croit au paradis et finalement c'est plutot la gueule du loup :s

Je me demande comment ils vont s'y prendre pour integrer Yiris

( J'imaginais deja une partie a 3 avec Yiris , folken et Hylden XD )
Reply
:iconirina-orange:
irina-orange Featured By Owner Sep 7, 2017  Hobbyist Writer
Ravie d'avoir enfin ton commentaire Love

Oh, tu vas voir, avec le cas Yiris, ça risque de dégénérer mais comment... Ah ah, encore un peu de mystère, je pense publier un autre chapitre sous peu pour remercier mes fidèles lecteurs I am a dummy! 
Reply
:iconamarna:
Amarna Featured By Owner Sep 10, 2017  Hobbyist Digital Artist
Publie pas tout hein,
je veux garder un peu de suspence pour quand j'aurai enfin mon exemplaire :)
Reply
:iconirina-orange:
irina-orange Featured By Owner Sep 10, 2017  Hobbyist Writer
Non, la fin-fin, je la garde au chaud :D (Big Grin) En plus, je la peaufine, je la soigne, je la chouchoute Love  Le dernier livre sera clairement plus épais, avec l'encyclopédie bonus, ça va rendre la Poste encore plus riche, je vais peut-être faire un tour de France avec des cartons en voiture que ça reviendrait moins cher CURSE YOU! 

Cela dit, dévoiler un petit truc ponctuellement jusqu'à la publication ;) (Wink)  Il y a encore un gros twist à venir La la la la 
Reply
:iconamarna:
Amarna Featured By Owner Sep 12, 2017  Hobbyist Digital Artist
Je me demande ce qui peut encore leur arriver,
ils ont quand meme tous bien prit cher depuis le debut XD
Reply
:iconirina-orange:
irina-orange Featured By Owner Sep 12, 2017  Hobbyist Writer
Oui, je crois que j'ai des penchants sadiques avec mes pauvres personnages Devilish 
Reply
:iconamarna:
Amarna Featured By Owner Sep 12, 2017  Hobbyist Digital Artist
Donc ils vont encore en chier
c'est pas un twist heureux :p
Reply
:iconirina-orange:
irina-orange Featured By Owner Sep 12, 2017  Hobbyist Writer
Je promets qu'après, il ne restera que le combat final et qu'il y aura même un passage drôle avec un remake de "L'agence tout risques" avec Meinmet et Monsieur Taupe notamment (oui, là, je vends du rêve :D (Big Grin) ).
Reply
(1 Reply)
Add a Comment:
 
×

More from DeviantArt



Details

Submitted on
August 3, 2017
Image Size
343 KB
Resolution
500×500
Mature Content
Yes
Link
Thumb

Stats

Views
71
Favourites
1 (who?)
Comments
12
×